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Leasing social de pompe à chaleur : ce qui change pour les foyers modestes à partir du 1er octobre 2026

Le leasing social de pompe à chaleur démarre le 1er octobre : 9 800 € d’aide en moyenne pour 55 000 foyers modestes qui quittent le gaz ou le fioul.

Par la rédaction Bois Compté · publié le

Installateur près d'une pompe à chaleur neuve, vieille cuve à fioul rouillée au fond du jardin

Vous chauffez votre maison au gaz ou au fioul et vos revenus sont modestes ? Depuis le 1er octobre 2026, vous pouvez remplacer votre chaudière par une pompe à chaleur sans avancer d’argent, avec une aide moyenne de 9 800 €. Mensualité promise : pas plus que votre facture actuelle. Reste à vérifier que vous cochez toutes les cases.

En bref

  • Il vise 55 000 foyers modestes sur deux ans, propriétaires d’une maison chauffée au gaz ou au fioul.
  • La mensualité additionne remboursement, électricité à prix fixe et maintenance, sans dépasser la dépense énergétique d’avant travaux.
  • Six consortiums sont retenus, dont Octopus x Effy, qui doit installer 15 000 des 55 000 pompes à chaleur prévues.

Le chiffre clé : 9 800 € d’aide moyenne par foyer, financée par les certificats d’économies d’énergie.

Seuls les propriétaires de maison aux revenus modestes, chauffés au fossile, sont concernés

Le dispositif s’adresse aux propriétaires d’une maison individuelle. Leurs revenus doivent entrer dans les catégories « très modestes » ou « modestes » de l’Anah. Les plafonds varient selon la composition du foyer et la zone géographique, avec les mêmes barèmes que pour les aides à la rénovation. Un exemple donné : un couple avec un enfant en Île-de-France peut y prétendre jusqu’à 4 750 € de revenus mensuels à deux.

Côté chauffage, la maison doit fonctionner au gaz, au fioul ou au charbon. Le propane figure aussi parmi les énergies visées en priorité. Voici qui entre ou non dans le dispositif :

Votre situationÉligible ?
Propriétaire d’une maison, revenus modestes ou très modestes, chauffage gaz, fioul ou charbonOui
LocataireNon
AppartementNon
Revenus intermédiaires ou supérieursNon
Maison chauffée à l’électricité ou au boisNon

Dernier point à ne pas manquer : le projet d’arrêté, en consultation jusqu’au 20 octobre 2026, impose de retirer l’ancienne chaudière. Une pompe à chaleur hybride, qui laisserait la chaudière en place, ferait échouer le contrôle.

L’aide moyenne de 9 800 € ne sort pas du budget de l’État

Le mot « leasing » est trompeur. Dès l’installation, vous devenez propriétaire de la pompe à chaleur. Le forfait comprend une pompe air-eau fabriquée en France ou en Europe, la pose, un contrat d’électricité à prix fixe sur trois ans, la maintenance et la recherche des aides.

Vous réglez une mensualité unique. Elle additionne le remboursement du reste à charge, l’électricité et la maintenance, et elle ne doit pas dépasser ce que vous dépensiez en énergie avant les travaux. Le remboursement dure trois ans dans la très grande majorité des cas, jamais plus de cinq ans.

L’aide moyenne de 9 800 € par foyer pèse 540 millions d’euros au total. Elle n’est pas financée par de l’argent public, mais par les certificats d’économies d’énergie, un système créé en 2006 qui oblige les fournisseurs d’énergie à financer des actions d’efficacité énergétique.

« Avec ce dispositif destiné aux Français modestes, pendant trois ans, vous n’aurez aucun coût supplémentaire par rapport à ce que vous coûtait le chauffage au gaz ou au fioul. À l’issue de ces trois ans, une fois la pompe à chaleur remboursée, la facture de chauffage pourra être divisée par deux »

Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Énergie, au Dauphiné Libéré

Octopus et Effy promettent une mensualité inférieure ou égale à l’ancienne facture

Les lauréats ont été dévoilés le 30 septembre 2026. L’alliance entre Octopus Energy France et Effy doit installer 15 000 des 55 000 pompes à chaleur prévues d’ici 2028. Sa promesse : zéro surcoût, avec une mensualité inférieure ou égale à votre ancienne facture de chauffage fossile, calculée après une simulation personnalisée.

Trois leviers soutiennent ce calcul : le rendement d’une pompe à chaleur, bien supérieur à celui d’une chaudière classique, une aide bonifiée au titre des certificats d’économies d’énergie, calibrée pour ce dispositif, et des coûts optimisés de l’achat du matériel jusqu’à la fourniture d’électricité.

MaPrimeRénov’ et les certificats d’économies d’énergie sont déduits directement du devis. S’il reste une somme à payer, un crédit à taux fixe peut la financer, mais ses modalités ne sont pas précisées. La maintenance et le prix du kilowattheure sont fixes pendant trois ans.

Effy s’appuie sur plus de 5 000 artisans partenaires. L’offre est ouverte aux installateurs labellisés RGE et à toutes les marques, dans le respect d’un cahier des charges. Octopus lance aussi en France sa gamme Cosy, produite en Europe. Sa présidente, Céline Stein, avance jusqu’à 60 % de réduction de facture par rapport au gaz.

Six consortiums sont retenus et les premières installations démarrent en novembre

Six groupements commercialisent l’offre du gouvernement :

  • CapConfort (Hellio Solutions Homyos, Akéa Énergies, Winter, Alpiq, Cofidis)
  • IZI by EDF (avec Domofinance)
  • Le PAC’TE français (Alterna énergie, Saunier Duval, Cofidis)
  • Octopus x Effy
  • RÉFLEX (Hello Watt, Engie)
  • Sonepar (Sonepar, Ecair, Ace Énergie, TotalEnergies)

Les premières poses sont attendues en novembre 2026. Au 1er janvier 2027, d’autres acteurs de l’énergie pourront aussi proposer une offre intégrée. Côté Octopus et Effy, le portail d’inscription est déjà ouvert aux particuliers.

Avant de signer, comparez le revenu fiscal de référence de votre dernier avis d’imposition aux barèmes de l’Anah. Demandez ensuite les conditions par écrit au groupement choisi.

Le gaz renchérit, mais le dispositif a ses sceptiques

Le timing n’est pas anodin. Selon la Commission de régulation de l’énergie, le prix repère du gaz a progressé de 5,6 % TTC en moyenne en septembre, et une hausse de 6,3 % est attendue en octobre. Pour un foyer qui consomme environ 15 000 kWh par an, cela représente 130 € de plus sur l’année.

Fabien Roussel, candidat du PCF à la présidentielle, qualifie la mesure de « bricolage ». Il a écrit sur X : « Un leasing social pour 55 000 pompes à chaleur par an c’est trop peu ! Il faudrait en installer 2 millions par an pour décarboner le chauffage de maisons individuelles et les climatiser. » Le gouvernement, lui, parle de 55 000 pompes sur deux ans.

Autre point de vigilance : l’offre mêle travaux, financement et fourniture d’électricité, ce qui peut dérouter. La qualité des installateurs pèsera sur les performances réelles. Et même fixé par contrat, le prix de l’électricité reste exposé à des tensions. La baisse de la facture dépend donc de toute la chaîne.

Vos questions

Serai-je propriétaire de la pompe à chaleur ?

Oui, dès l’installation. Le terme « leasing » est un abus de langage : vous remboursez le reste à charge sur trois ans dans la très grande majorité des cas, et jamais au-delà de cinq ans.

Puis-je garder ma chaudière avec une pompe à chaleur hybride ?

Non, d’après le projet d’arrêté en consultation jusqu’au 20 octobre 2026. Il impose de retirer l’ancienne chaudière, et une pompe à chaleur hybride ferait échouer le contrôle.

Quand les premières installations auront-elles lieu ?

Elles sont attendues dès novembre 2026. Au 1er janvier 2027, d’autres acteurs de l’énergie pourront à leur tour proposer une offre intégrée aux ménages concernés.

Sources : L'Indépendant, La Dépêche, lenergeek.com.

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