
Vous fixez votre cuve en vous demandant combien ça va coûter : le fioul est à 1 880 euros les 1 000 litres, plus de 60 % de hausse depuis janvier. Des foyers ne font plus le plein, songent à ne pas chauffer certaines pièces ou étalent leurs livraisons pour tenir tout l'hiver.
En bref
- Le fioul atteint 1 880 euros les 1 000 litres, plus de 60 % de hausse depuis janvier.
- Le litre est passé de 1,20 à plus de 1,90 euro, et peut bondir de 10 centimes en une semaine.
- Demi-plein, pièces non chauffées, livraisons étalées : des foyers s'adaptent, un fournisseur perd 20 à 25 % de commandes.
Le chiffre clé : 1 880 euros, les 1 000 litres de fioul, plus de 60 % de hausse depuis janvier.
Le litre de fioul est passé de 1,20 euro à plus de 1,90 euro depuis janvier
Avant de passer commande, un chiffre change tout : 1 880 euros les 1 000 litres. C'est plus de 60 % de hausse depuis le début de l'année. Au litre, le fioul domestique est passé de 1,20 euro en janvier à plus de 1,90 euro aujourd'hui. Dans la profession, on n'avait encore jamais vu un tel niveau.
Le niveau n'est pas le seul problème. D'une semaine à l'autre, le prix au litre peut bondir de 10 centimes. Sur 1 000 litres, cela fait 100 euros de plus. Sur 500 litres, 50 euros. Commander au mauvais moment pèse vite sur le budget, d'autant que les livreurs eux-mêmes doivent faire entrer leur fioul à un prix bien plus haut que d'habitude.
En France, 2,6 millions de foyers dépendent encore d'un chauffage au fioul. Face à la flambée, deux réactions dominent : repousser la commande dans l'espoir d'une baisse, ou ne remplir la cuve qu'à moitié et payer en plusieurs fois. Dans les deux cas, l'idée est la même : acheter moins aujourd'hui pour tenir tout l'hiver.
| Repère | Chiffre |
|---|---|
| Prix du litre en janvier | 1,20 euro |
| Prix du litre aujourd'hui | plus de 1,90 euro |
| Prix des 1 000 litres | 1 880 euros |
| Hausse depuis janvier | plus de 60 % |
| Bond possible d'une semaine à l'autre | 10 centimes par litre |
| Foyers chauffés au fioul | 2,6 millions |
Anne Le Royer divise sa commande par deux et envisage de ne pas chauffer l'étage
Pour la première fois, cette secrétaire médicale ne fait qu'un demi-plein. Elle a même réduit sa commande à quelques minutes de la livraison. « On avait dit entre 1 000 et 1 300, mais on préfère prendre 1 000 », explique-t-elle à franceinfo.
Le chauffeur-livreur de Tartavel Énergies, Ludovic Jomie, doit alors reprogrammer sa livraison pour une commande de 1 000 litres. L'anecdote montre l'ampleur du phénomène : les ménages ajustent leur volume jusqu'au dernier moment.
Pour compenser ce stock divisé par deux, le foyer compte sur un poêle à bois. Il prévoit aussi des arbitrages sur les pièces. « On va peut-être choisir quelles pièces on ne chauffe pas, par exemple », confie Anne Le Royer. L'étage pourrait rester froid : « Ça peut être une option aussi », ajoute-t-elle.
Rozenn Cousin fractionne : trois à quatre livraisons pour lisser la dépense
Autre méthode, celle de cette retraitée : multiplier les petites livraisons. Remplir la cuve d'un seul coup est devenu hors de prix pour elle. Cet hiver, elle prévoit trois à quatre approvisionnements. Elle espère aussi que le prix baissera d'une commande à l'autre.
« Ça me permet d'étaler toutes mes dépenses de l'année. »
Rozenn Cousin, retraitée, à franceinfo
Son calcul est simple. Un plein à 4 000 euros, c'est pour elle « quand même énorme ». Fractionner évite le gros chèque d'un seul coup et garde de la marge si un imprévu tombe en cours d'année.
Les livreurs voient les commandes fondre et les tournées se multiplier
Côté fournisseurs, le changement se voit sur le terrain. « On va plus souvent au même endroit pour mettre 1 000 litres, 500 litres », constate Ludovic Jomie. Là où une grosse livraison suffisait, il faut désormais revenir.
Maxime Tartavel, dirigeant de Tartavel Énergies, estime d'après ses calculs que ses commandes ont baissé de 20 à 25 % cette année. Il ne planifie plus rien : « Tout est au jour le jour, on est à flux tendu en permanence. »
La raison tient aux variations de prix. Elles sont telles que sa petite structure ne peut pas prendre de risque. Pour vous, cela veut dire que le tarif du jour peut changer vite entre deux appels.
Trois leviers observés pour tenir l'hiver sans vider le compte
Les foyers rencontrés ne font pas tous la même chose, mais leurs choix se résument à trois leviers :
- Le demi-plein : commander 1 000 litres plutôt que davantage, pour ne pas immobiliser une grosse somme d'un coup.
- Le chauffage partiel : décider quelles pièces on chauffe, quitte à laisser l'étage froid, et s'appuyer sur un poêle à bois en relais.
- Les livraisons échelonnées : trois à quatre approvisionnements sur l'hiver, pour étaler les dépenses.
Une précaution avant de scinder votre commande : demandez à votre fournisseur si le prix au litre change selon la quantité livrée. Gardez aussi en tête qu'un seul remplissage vous expose au prix du jour, alors que plusieurs livraisons répartissent le risque.
Le poêle à bois d'Anne Le Royer rappelle enfin qu'un second mode de chauffage réduit la dépendance au fioul quand le litre dépasse 1,90 euro.
Vos questions
Combien coûte un plein de fioul aujourd'hui ?
Les 1 000 litres sont à 1 880 euros, soit plus de 60 % de hausse depuis janvier. Le litre est passé de 1,20 euro à plus de 1,90 euro. Pour un plein à 4 000 euros, comme le cite Rozenn Cousin, la note devient très lourde.
Vaut-il mieux attendre une baisse avant de commander ?
Certains foyers repoussent leur commande dans l'espoir que le prix baisse. Mais le litre peut bondir de 10 centimes d'une semaine à l'autre, et les fournisseurs eux-mêmes ne prévoient rien. Commander en plusieurs fois permet de répartir ce risque.
Combien de foyers français se chauffent encore au fioul ?
En France, 2,6 millions de foyers dépendent encore d'un système de chauffage au fioul. Chez Tartavel Énergies, le dirigeant observe une baisse de 20 à 25 % de ses commandes cette année, signe que beaucoup de ménages achètent moins.
Sources : franceinfo.